Chatbot : jusqu’où peut-on aller trop loin ?

7 mois ago
389

Oui, ce titre est un peu alambiqué d’un point de vue de la langue française.
Mais il n’est pas aussi bizarre que peuvent l’être les dernières annonces faites par Microsoft dans le domaine des Chatbots.

La firme pionnière en matière de numérique a en effet déposé un brevet concernant un chatbot reposant sur l’Intelligence Artificielle.
Rien d’extraordinaire, si celui-ci ne proposait rien moins que de pouvoir entrer en conversation avec une personne… disparue.

Selon le communiqué de presse, le système collecterait des données à partir d’images, de données vocales, de publications sur les réseaux sociaux, de messages électroniques et de lettres écrites pour créer le profil d’une personne.

Le brevet met l’accent sur le degré auquel ce chatbot sera formé aux traits personnels de l’individu, en particulier les «attributs conversationnels» de la personne, «tels que le style, la diction, le ton, la voix, l’intention, la longueur et la complexité de la phrase / dialogue, sujet et cohérence ».

L’idée de réincarner les gens en tant que robots de discussion soulève évidemment toutes sortes d’implications sur la vie privée qui ne sont pas abordées dans le brevet, qui est, par nature, concerné par le fonctionnement technique du système.

 

Un Chatbot peut-il réutiliser des données de personnes réelles et disparues ?

La taille du marché des chatbots devrait atteindre 9,4 milliards de dollars d’ici 2024. D’où l’appétit de nombreux éditeurs pour ce type de solutions.
Difficile de savoir jusqu’où Microsoft compte réellement aller avec son brevet et ses solutions. Il est fort probable qu’il s’agisse d’une opération de communication de grande ampleur.
D’autant que cette idée semble tirée de l’un des épisodes de la série dystopique “Black Mirror”.  Dans l’un des épisodes, un homme meurt dans un accident de voiture. Sa petite amie demande à une entreprise de créer un chatbot construit à partir des interactions en ligne qu’il a faites de son vivant.

Reste que le brevet du Chatbot mentionne bien le fait qu’il puisse être réalisé à partir des données émanant d’une personne vivante… ou disparue.

«Dans certains aspects, une police vocale de la personne spécifique peut être générée à l’aide d’enregistrements et de données sonores liées à la personne spécifique», revendique le brevet. Même “un modèle 2D / 3D d’une personne spécifique peut être généré à l’aide d’images, d’informations de profondeur et / ou de données vidéo associées à la personne spécifique.”

Bien au delà du simple chatbot, ce brevet pose la question déjà ancienne de la “réincarnation virtuelle”. Il devient en effet aujourd’hui possible de faire revivre, ou vivre, sous différentes formes, des personnes mortes ou vivantes.
C’est par exemple le cas de certains acteurs, dans les derniers “Star Wars”, qui ont été recréés en image de synthèse.

Autre application notable, et qui fait polémique, les fameux DeepFake. Il s’agit alors de séquence de films (souvent pornographiques) dans lesquelles on a remplacé les visages, voix, éléments du corps, par ceux d’une autre personne.

Nous assistons donc là à l’émergence d’une nouvelle pratique qui n’a pas fini de susciter des questions.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Contribuer ou publier sur Tech Ethic