Entretien avec David Fayon, expert numérique

2 semaines ago
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David Fayon se définit lui même comme un Expert numérique, auteur, et directeur de projets innovation.

Il est à l’origine du projet Numerikissimo, dont la première édition de l’annuaire des “Top acteurs du numérique” est désormais disponible.
Cet annuaire téléchargeable gratuitement présente plus de 100 acteurs du numérique français. (Si vous souhaitez figurer dans la prochaine édition de 2025, il est possible de candidater)

Dans l’esprit des liens hypertextes, pour surfer de personne en personne ou de start-up en start-up, il a été demandé à chaque personnalité du numérique de livrer 3 noms de personnes et 3 start-up pour être inspirant. Il en va de même avec une citation qui peut être d’elle-même ou d’un tiers.

Avec élégance, David Fayon n’a pas souhaité y figurer pour ne pas être juge et partie. Il a néanmoins accepté de se livrer pour nous à l’exercice imposé dans son annuaire, en répondant aux questions qu’il a lui même posé aux experts…

 

TE : David Fayon bonjour. Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions, qui pour une fois… seront les vôtres. Alors, pour y voir plus clair, pouvez-vous nous donner votre vision du numérique ?

DF : Avec plaisir. Tout d’abord, je veux rappeler que le numérique façonne la société et est transverse à toutes les activités. Il faut apprendre ses codes, son fonctionnement pour agir avec de façon éclairée et ne pas subir.

L’informatique s’est muée en numérique. Elle a connu 3 ères, celle du matériel (1945-1985) avec IBM, celle du logiciel (1985-2005) avec Microsoft et celle des données (depuis 2005) avec les GAFAM ou plutôt MAAAM. Dans chacune de ces ères, la valeur ajoutée principale a évolué. Cependant, dans une logique de dévulnérabilisation et de souveraineté, il est préférable de contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur (matériel, logiciel, données) auxquels s’ajoutent les matières premières et les terres rares.

La 4e ère à présent pourrait être celle de l’intelligence artificielle en particulier générative qui a la capacité de créer avec la quantité colossale de données disponibles. La nouvelle frontière consistera en son optimisation : faire mieux avec moins de données.

TE : De cette vision, quels sont les enseignements que vous tirez, et quels sont les conseils que vous donneriez pour adapter sa stratégie à ces nouveaux paradygmes ?

DF : Selon moi, dans ce contexte, il convient pour toute entreprise, toute organisation d’effectuer un diagnostic de sa maturité numérique à un instant donné. Ceci lui permet de mesurer ses forces et ses faiblesses sur une échelle.

Ceci est essentiel avant d’entamer sa transformation digitale avec sa feuille de route qui va avec car « il n’y a point de vent favorable à celui qui ne sait où il va » (Sénèque). À ce titre, la méthode DIMM (Digital Internet Maturity Model) constitue une précieuse aide. Elle est décrite dans le livre “La transformation digitale pour tous !” co-écrit avec Michael Tartar et paru chez Pearson est largement utilisable.

 

 

TE : Merci pour ces conseils avisés. Vous avez, lors de l’élaboration de votre annuaire des “top acteurs du numérique”, demandé à chacun de ces acteurs quels étaient leurs 3 start-up coup de coeur. Pouvez-vous à votre tour vous livrer à cet exercice ? Quels sont vos entreprises numériques emblématiques ?

DF : Comme le rappelle le titre du livre de Pierre Kosciusko-Morizet, “Toutes les entreprises ont été petites un jour”.
Dès lors, mes “start-up” préférées sont des entreprises qui peuvent avoir aujourd’hui pignon sur web et une envergure internationale.

Je citerai tout d’abord Wikipédia, projet collaboratif et multilingue qui permet de co-créer du savoir encyclopédique qui bénéficie à tous.

Puis, un acteur majeur, Google, moteur de recherche le plus performant, épuré et qui s’est inspiré de travaux de recherche pour la pertinence des résultats (nombre de liens et poids de chacun) et qui a fêté ses 25 ans il y a peu.

Enfin, j’apprécie aussi F2R2, une alternative au Web qui est une « slow up » ou start-up du temps long pour proposer un standard ouvert et qui est vertueuse écologiquement par rapport à l’économie de bande passante.

TE : …un choix éclectique et éclairé. De la même façon que pour les start-up, vous avez demandé aux acteurs présents dans votre ouvrage de recommander 3 “numériciens”. Quels seraient ceux que vous-même auriez mis en avant ? Celles et ceux à qui vous voudriez rendre hommage ?

DF : Inutile de préciser qu’ils sont nombreux, et que beaucoup mériteraient un hommage et un coup de projecteur. Mais si je ne devais en garder que trois, là à cet instant, je citerai tout d’abord Blaise Pascal qui est né voici 401 ans et qui était à la fois mathématicien, philosophe, inventeur, etc. Sa démarche transverse et holistique a été créatrice de valeur. On lui doit notamment la Pascaline, un des ancêtres de l’ordinateur.

Il faut aussi rappeler le rôle important et parfois oublié d’Hedy Lamarr, actrice autrichienne naturalisée américaine qui a inspiré Blanche Neige de Walt Disney mais qui était inventrice, entre autres de la transmission par étalement de spectre par saut de fréquence qui a donné lieu au Wi-Fi.

Enfin, un hommage plus contemporain doit être rendu à Xavier Niel qui est le Steve Jobs ou l’Elon Musk à la française (du ZX 81 et du minitel rose à Free avec la triple box à la création de StationF et de l’Ecole 42), entrepreneur aux multiples facettes.

 

« La disruption, c’est faire comprendre qu’en améliorant la bougie on n’obtiendra pas l’ampoule »

 

TE : Merci de ces rappels utiles. Notre petit exercice de style touche à sa fin. Les acteurs cités dans l’annuaire des “Tops acteurs du numérique” seront sans doute heureux de découvrir vos réponses et de pouvoir les comparer aux leurs.
Pour clôre ce questionnaire éclair, et pour le conclure avec pertinence, pouvez-vous vous aussi nous donner une citation que vous souhaitez particulièrement mettre en avant ? L’une de celles qui peuvent éclairer un choix ou un parcours ?

DF : Pour apporter une conclusion qui “éclaire” et donne un peu de lumière, je dirai avec un peu de malice que « La disruption, c’est faire comprendre qu’en améliorant la bougie on n’obtiendra pas l’ampoule »

TE : merci David Fayon.

 

Pour en savoir plus :
le site/blog de David Fayon et

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