Comment transformer l’ambition de souveraineté numérique en réalisations concrètes ?
- 1. WALLIX : protéger les identités et les accès numériques
- 2. Hexatrust : fédérer la filière et rendre les alternatives visibles
- 3. Le Pacte Numérique & IA : rapprocher l’État et les industriels
- 4. De la DINUM à ARIANE : mieux coordonner le numérique de l’État
- 5. Les actions et les points de vigilance : mesurer les résultats concrets
Dans cet entretien mené par Thierry Bayon pour Tech Ethic, Jean-Noël de Galzain, président d’Hexatrust et PDG de WALLIX, revient sur le Pacte Numérique & IA et les conditions de sa réussite. De la protection des accès numériques à la commande publique, il défend une même priorité : rapprocher les besoins des utilisateurs des solutions proposées par la filière française et européenne.
1. WALLIX : protéger les identités et les accès numériques
WALLIX est un éditeur de logiciels de cybersécurité spécialisé dans la sécurité des identités et des accès, avec une expertise particulière dans la gestion des comptes à privilèges. Ces comptes, qui disposent de droits étendus sur les systèmes, constituent un enjeu majeur de protection des environnements informatiques et industriels.
Dans l’entretien, Jean-Noël de Galzain présente une entreprise de 250 personnes, implantée dans 16 pays et commercialisant ses solutions dans 110 pays. Son ambition : porter une réponse industrielle européenne aux besoins de cybersécurité, notamment pour les infrastructures dont dépendent des services essentiels comme l’eau, l’énergie, les transports ou la santé.
2. Hexatrust : fédérer la filière et rendre les alternatives visibles
Cofondé par WALLIX et d’autres entrepreneurs, Hexatrust rassemble les acteurs de la cybersécurité, du cloud et du numérique de confiance. Jean-Noël de Galzain évoque un groupement de 160 partenaires, mobilisé pour développer un écosystème français et européen capable de répondre aux besoins des organisations.
Cette mission passe aussi par la lisibilité de l’offre. Le Cyber Panorama, réalisé avec le CESIN, recense ainsi 264 structures proposant des solutions de cybersécurité, au-delà des seuls membres d’Hexatrust. L’objectif est de donner aux responsables de la sécurité, aux DSI et aux dirigeants industriels des repères pour identifier les solutions adaptées à leurs besoins.
3. Le Pacte Numérique & IA : rapprocher l’État et les industriels
Signé le 10 septembre 2026 lors des Universités d’été de la cybersécurité et du cloud de confiance, le Pacte Numérique & IA instaure un cadre de travail entre l’État et la filière. Il vise à mieux identifier les besoins publics et à accélérer l’émergence de solutions françaises et européennes, notamment dans la cybersécurité, l’intelligence artificielle et le cloud.
Pour Jean-Noël de Galzain, ce rapprochement répond à une double urgence : renforcer la résilience des administrations face aux cybermenaces et réduire leur dépendance aux plateformes extra-européennes. Les outils collaboratifs, l’IA appliquée à la cybersécurité et la protection des infrastructures figurent parmi les premiers chantiers évoqués.
L’enjeu est également économique : faire en sorte que les engagements de souveraineté se traduisent dans les achats numériques. Le pacte facilite le dialogue et l’identification des offres, sans créer d’accès privilégié aux marchés de l’État ni modifier les procédures de commande publique.
4. De la DINUM à ARIANE : mieux coordonner le numérique de l’État
La transformation annoncée de la DINUM en ARIANE, l’Autorité référente pour l’intelligence artificielle et le numérique de l’État, s’inscrit dans cette volonté de renforcer le pilotage interministériel. Walter Arnaud, directeur interministériel du numérique, porte cette évolution vers une coordination accrue des moyens et des usages.
Jean-Noël de Galzain y voit l’affirmation d’un rôle de « DSI de l’État », travaillant avec les ministères et au contact de l’industrie pour articuler développement interne, achat de solutions et accompagnement du changement.
Il souligne surtout une exigence : « pas d’IA sans cyber ». Déployer une intelligence artificielle utile et plus éthique suppose de sécuriser ses usages, de mieux contrôler les technologies et de conserver la maîtrise des données utilisées.
5. Les actions et les points de vigilance : mesurer les résultats concrets
Pour faire vivre le pacte, Jean-Noël de Galzain annonce la mobilisation d’une équipe au sein du Comité stratégique de filière et d’Hexatrust, chargée de travailler avec la DINUM, l’ANSSI et les acteurs de l’État. L’objectif est de fluidifier la relation entre administrations et industriels, puis de faire émerger des projets répondant à des besoins identifiés.
La réussite devra se mesurer à travers les solutions effectivement déployées, leur contribution à la résilience et l’évolution des achats vers une offre française et européenne. La vigilance doit aussi porter sur la protection des données, la maîtrise de l’IA et le respect des règles européennes : la souveraineté doit pouvoir se constater dans les choix et les usages.
En conclusion, Jean-Noël de Galzain évoque l’initiative Cyber 2027, menée avec le Forum InCyber, pour placer le numérique, l’IA et l’autonomie stratégique au cœur des programmes présidentiels. Une façon de prolonger le travail engagé et d’inscrire ces enjeux dans la durée.
Découvrez l’entretien complet pour mieux comprendre le Pacte Numérique & IA et les leviers d’un numérique de confiance au service de l’État, des entreprises et de la société.
















