5 ans ago
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Joi Ito, directeur du MIT Media Lab, a publiĂ© rĂ©cemment un essai concernant l’intelligence artificielle. En voici quelques extraits traduits…
La notion de singularitĂ© – qui inclut l’idĂ©e que l’intelligence artificielle l’emportera sur la croissance exponentielle de l’homme, rendant tout ce que nous avons fait et ferons insignifiant – est une religion crĂ©Ă©e principalement par des personnes qui ont conçu et dĂ©ployĂ© l’informatique pour rĂ©soudre des problèmes auparavant considĂ©rĂ©s comme trop complexes.
Ils ont trouvĂ© un partenaire idĂ©al dans le calcul numĂ©rique, un système de pensĂ©e et de crĂ©ation basĂ© sur la machine, apparemment contrĂ´lable, qui augmente rapidement sa capacitĂ© Ă  exploiter et Ă  traiter la complexitĂ© et, ce faisant, Ă  confĂ©rer richesse et pouvoir Ă  ceux qui l’ont maĂ®trisĂ©.
Dans la Silicon Valley, la combinaison de cette pensĂ©e de groupe et du succès financier de ce culte technologique a crĂ©Ă© une boucle de rĂ©troaction, dĂ©pourvue d’autorĂ©gulation. […]
Si l’un des principaux moteurs de la science est d’expliquer Ă©lĂ©gamment le complexe et d’accroĂ®tre notre capacitĂ© de comprĂ©hension, nous devons Ă©galement nous rappeler ce qu’Albert Einstein avait dit: «Tout doit ĂŞtre rendu aussi simple que possible, mais pas simpliste.» Nous devons adopter  l’irrĂ©ductibilitĂ© du monde rĂ©el que les artistes, familier des biologistes et de ceux qui travaillent dans le monde des arts et des sciences humaines.
Aujourd’hui, il est Ă©vident que la plupart de nos problèmes – par exemple, le changement climatique, la pauvretĂ©, les maladies chroniques ou le terrorisme moderne – sont le rĂ©sultat de notre quĂŞte du rĂŞve de la singularitĂ© : une croissance exponentielle. Ce sont des problèmes extrĂŞmement complexes produits par des outils utilisĂ©s pour rĂ©soudre des problèmes passĂ©s, tels que les pressions incessantes pour augmenter la productivitĂ© ou pour exercer un contrĂ´le sur des systèmes devenus, en rĂ©alitĂ©, trop complexes pour ĂŞtre contrĂ´lĂ©s. […]
Afin de répondre efficacement aux défis scientifiques majeurs de notre époque, je pense que nous devons respecter les nombreux systèmes interconnectés, complexes et auto-adaptatifs, à toutes les échelles et dimensions, qui ne peuvent pas être entièrement connus par un observateur ou un concepteur.
En d’autres termes, nous participons tous Ă  de multiples systèmes Ă©volutifs Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles, de nos microbes Ă  nos identitĂ©s individuelles en passant par la sociĂ©tĂ© et notre espèce. Les individus eux-mĂŞmes sont des systèmes composĂ©s de systèmes de systèmes, tels que les cellules de notre corps. Comme le disait Kevin Slavin dans son essai de 2016 Design as Participation: «Vous n’ĂŞtes pas coincĂ© dans le trafic, vous ĂŞtes le trafic.” […]
Au lieu de penser Ă  l’intelligence des machine en termes d’humains contre les machines, nous devrions plutĂ´t considĂ©rer le système qui intègre les humains et les machines – pas d’intelligence artificielle mais l’intelligence Ă©tendue. Au lieu d’essayer de contrĂ´ler ou de concevoir ou mĂŞme de comprendre des systèmes, il est plus important de concevoir des systèmes qui participent en tant qu’Ă©lĂ©ments responsables, conscients et robustes de systèmes encore plus complexes.
Nous devons remettre en question et adapter nos propres objectifs et sensibilitĂ©s en tant qu’observateurs et concepteurs au sein de systèmes pour une approche beaucoup plus humble: l’humilitĂ© par rapport au contrĂ´le.
 
Pour en savoir plus :
> l’article de wired
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